Voici une jolie propriété intimement liée aux polygones réguliers affines dont j’ai parlé dans ce billet. Nous nous plaçons dans un plan affine réel.
Soient un triangle
, un nombre
et le point
. Il existe une seule conique
qui est tangente aux segments
et
en leurs milieux. C’est une ellipse lorsque
, une parabole quand
et une hyperbole sinon. Elle est invariante sous l'action de l'affinité
définie par
Voici une façon de le prouver. La conique cherchée, dont l’unicité est a priori évidente, appartient au faisceau des coniques tangentes aux côtés et
en leurs milieux respectifs
. Montrons que c’est celle qui passe par le milieu
du segment
. Un peu de calcul donne facilement une équation de celle-ci dans le repère pour lequel les coordonnées de
sont respectivement
:
Dans le même repère, l’affinité est représentée par la transformation
On constate par inspection directe que . Ainsi, la conique d’équation
est invariante par
. En particulier, elle est tangente à
: c’est donc bien
dont la nature se déduit par ailleurs immédiatement de
.
La proposition est donc établie.
La conique n’est autre que l’ellipse de Steiner du triangle
dont j’ai donné une propriété étonnante ici.
Avec les mêmes données que dans la proposition précédente, formons la suite de points obtenue en itérant
ou, cela revient au même, par la récurrence
Comme illustré sur la figure ci-dessus où sont tracés les dix premiers points , un fait remarquable découle de l’invariance de
par
:
La conique
est tangente à chaque segment
en son milieu.
Voici une autre manifestation de ce phénomène :
Comme on a pu le constater, les points sont généralement tous distincts. Il peut néanmoins arriver que l’on ait
pour un certain indice
. La suite est alors périodique de période
et décrit un polygone affine régulier, tel par exemple cet heptagone
Ces “dégénérescences” de la suite des arrivent précisément en les valeurs de
dont j’ai abondamment parlé récemment, à savoir les nombres de la forme
, où
est une racine primitive de l’unité.




2 décembre 2010 à 4:09
Il est facile de voir que, lorsque
fixe le centre de
et qu’il commute avec toutes les homothéties ayant ce point pour centre.
Une de ces homothéties applique un point de
sur
. Dès lors, les points
sont situés sur une conique homothétique à
et qui est stabilisée par
.
On retrouve en particulier le faits que les polygones affines réguliers sont inscrits à des ellipses.