Une brève à propos des bases orthonormées positives en dimension 3

Soit un espace vectoriel E réel, euclidien, orienté et de dimension 3. Nous notons (\mathbf u,\mathbf v)\mapsto \mathbf u\wedge\mathbf v son produit vectoriel.

Comme ce produit est antisymétrique, sa table de multiplication dans une base (\mathbf e_1,\mathbf e_2,\mathbf e_3) est complètement caractérisée par les trois produits \mathbf e_1\wedge \mathbf e_2, \mathbf e_2\wedge \mathbf e_3 et \mathbf e_3\wedge \mathbf e_1.

Il est bien connu que la table de multiplication du produit vectoriel est la même dans toutes les bases orthonormées positives. Plus précisément, si la base (\mathbf e_1,\mathbf e_2,\mathbf e_3) est orthonormée et positive, alors

(1) \begin{cases}\mathbf e_1\wedge \mathbf e_2=\mathbf e_3\\ \mathbf e_2\wedge \mathbf e_3=\mathbf e_1\\ \mathbf e_3\wedge \mathbf e_1=\mathbf e_2\end{cases}

Ce dont je n’avais pas conscience jusqu’à aujourd’hui, et dont je me suis rendu compte en préparant un cours que je donnerai demain matin, c’est que la réciproque est vraie :

Si des éléments \mathbf e_1, \mathbf e_2 et \mathbf e_3 de E sont non nuls et vérifient (1), alors (\mathbf e_1,\mathbf e_2,\mathbf e_3) est une base orthonormée et positive de E.

Supposons en effet que \mathbf e_1, \mathbf e_2 et \mathbf e_3, non nuls, vérifient (1).

D’une part, comme tout produit vectoriel est orthogonal à ses facteurs, \mathbf e_1, \mathbf e_2 et \mathbf e_3 sont alors deux à deux perpendiculaires.

En particulier, ils sont linéairement indépendants puisqu’aucun n’est nul : (\mathbf e_1,\mathbf e_2,\mathbf e_3) est donc une base.

Celle-ci est positive vu que

[\mathbf e_1,\mathbf e_2,\mathbf e_3]=[\mathbf e_1,\mathbf e_2,\mathbf e_1\wedge\mathbf e_2]=\|\mathbf e_1\wedge\mathbf e_2\|^2=\|\mathbf e_3\|^2>0

(où [-,-,-] désigne le produit mixte de E).

De plus, étant donné que

\forall \mathbf u,\mathbf v\in E,\quad \|\mathbf u\wedge\mathbf v\|=\|\mathbf u\|\|\mathbf v\|\sin\varphi

\varphi est l’angle non orienté que font \mathbf u et \mathbf v, les longueurs l_i=\|\mathbf e_i\| vérifient les relations

\begin{cases}l_1l_2=l_3\\l_2l_3=l_1\\l_3l_1=l_2\end{cases}

De là, l_1^2=l_2^2=l_3^2=l_1l_2l_3 et donc, vu que les l_i sont strictement positifs, l_1=l_2=l_3=1 : les \mathbf e_i sont normés.

😉

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